
Alors que quatre otages, dont deux Français, ont été libérés vendredi 10 mai par l’armée française des mains de leur ravisseur au Burkina Faso, des zones d’ombre demeurent.
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● Le parc où a eu lieu le rapt était-il en zone rouge?
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé samedi 11 mai l’attitude des deux ex-otages français qui avaient été enlevés le 1er mai dans le nord du Bénin, alors qu’ils effectuaient un safari dans le parc de la Pendjari. «La zone où étaient nos deux compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c’est-à-dire une zone où il ne faut pas aller, où on prend des risques majeurs si on y va», a ainsi fustigé le ministre. Son affirmation n’est cependant pas exacte : le parc de la Pendjari n’était pas classé en zone rouge au moment où Patrick Picque et Laurent Lassimouillas s’y sont rendus. Seulement une partie du territoire de la Pendjari était classée en zone jaune, c’est-à-dire en simple vigilance renforcée. Le site du ministère des Affaires étrangères a été mis à jour après la libération des otages. Dorénavant, le parc de la Penjari est bien placé en rouge par le ministère qui mentionne nommément le parc dans ses conseils, ce qui n’était pas le cas avant.
«La carte change le 10 mai, compte tenu de cette séquence (l’enlèvement) et d’une meilleure compréhension de ce qu’il s’est passé. Le parc passe alors intégralement en rouge», a confirmé à l’AFP Eric Chevallier, directeur du Centre de crise et de soutien du Quai d’Orsay. Mais, souligne le responsable, même s’il ne s’agit que d’une zone orange, cela signifie qu’elle est «déconseillée sauf raison impérative». «Or le tourisme n’en fait pas partie», rappelle-t-il. Le lieu de l’enlèvement des otages n’est pas officiellement connu mais Eric Chevallier a indiqué que leur voiture et leur chauffeur tué ont été retrouvés tout près de la frontière, «en zone rouge».
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● Qui sont les ravisseurs?
L’identité des preneurs d’otages est toujours inconnue. Il est «encore trop tôt pour se prononcer», a déclaré vendredi 10 mai Florence Parly, ministre des Armées. «Ce que l’on peut dire c’est qu’il y a deux mouvements terroristes principaux qui opèrent dans cette zone et qui sont affiliés pour l’un à Al Qaïda, pour l’autre à l’EIGS (Etat islamique au Grand Sahara). Nous n’en savons pas plus pour l’instant», a-t-elle précisé.
D’après les propos du général François Lecointre, chef d’état major des armées, l’enlèvement de ces quatre touristes - les deux Français ainsi qu’une Sud-Coréenne et une Américaine découvertes lors de l’opération de libération - aurait pu être commandité par les djihadistes de la Katiba Macina, aussi appelé Ansar Dine sud.
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Car les autorités françaises qui suivaient l’évolution des ravisseurs depuis plusieurs jours ont saisi l’opportunité de les frapper en raison du risque «de transfèrement de ces otages à une organisation terroriste qui agit au Mali, et qui est la Katiba Macina» du prédicateur Amadou Koufa, a dit le général Lecointre. Selon ce dernier, un tel transfèrement aurait dès lors «rendu impossible d’organiser une quelconque opération de libération».
La menace que représente la Katiba Macina a pris de l’ampleur depuis mars 2017 lorsque, dans une vidéo, le mouvement annonçait son ralliement au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une alliance, liée à al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).
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● Que sait-on sur les ex-otages américaine et sud-coréenne?
C’est en libérant les deux otages français que le commando d’élite, qui a mené l’opération, a donc découvert dans le campement terroriste la présence d’une Américaine et d’une Sud-Coréenne. Elles étaient captives depuis vraisemblablement 28 jours. «Nous n’étions pas au courant de leur présence», a confirmé Florence Parly. «Les contacts que nous avons eus avec les Etats-Unis et la Corée du Sud montrent que probablement ces pays-là n’avaient pas nécessairement conscience de la présence de ces deux ressortissantes en territoire burkinabé», a ajouté la ministre.
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Et dimanche 12 mai, nous n’en savons pas beaucoup plus sur elles. La Sud-Coréenne s’appelle Kisoon Jang. Elle a quitté le Burkina Faso samedi 11 mai avec les deux captifs français, faute de représentation diplomatique sud-coréenne sur place. L’ambassadeur sud-coréen en France était présent à Villacoublay à son arrivée.
En ce qui oncerne l’Américaine, la chaîne ABC indique qu’il s’agit d’une touriste. Mais aucune autre information n’a filtré. Un responsable du département d’État américain a remercié la France pour sa libération, sans donner plus de précisions. Elle devait être rapatriée «indépendamment». Dimanche, Le JDD publie une photo des ex-otages mais sans montrer l’Américaine, «à la demande des autorités de son pays».
L’opération de libération a été «rendue possible par la mobilisation des moyens de (la force antijihadiste française au Sahel) Barkhane, le soutien logistique des forces burkinabè et le soutien américain en renseignement», a précisé le général François Lecointre.
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http://www.lefigaro.fr/international/sahel-les-questions-qui-se-posent-48h-apres-la-liberation-des-otages-20190512
2019-05-12 15:36:55Z
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